NATIONS UNIES

 

E

Conseil économique
et social


Distr.
GÉNÉRALE

E/C.12/FRA/Q/3/Add.1
2 avril 2008

FRANÇAIS
Original: FRANÇAIS

COMITÉ DES DROITS ÉCONOMIQUES,
SOCIAUX ET CULTURELS
Quarantième session
Genève, 28 avril – 16 mai 2008

APPLICATION DU PACTE INTERNATIONAL RELATIF AUX DROITS
ÉCONOMIQUES, SOCIAUX ET CULTURELS

EXAMEN DES RAPPORTS PRÉSENTÉS PAR LES ÉTATS PARTIES EN
VERTU DE L’ARTICLE 16 DU PACTE INTERNATIONAL RELATIF
AUX DROITS ÉCONOMIQUES, SOCIAUX ET CULTURELS

RÉPONSES DU GOUVERNEMENT DU FRANCE À LA LISTE DES POINTS À TRAITER (E/C.12/FRA/Q/3) À L’OCCASION DE L’EXAMEN DU TROIXIEME RAPPORT PÉRIODIQUE DU FRANCE CONCERNANT LES DROITS ÉNONCÉS DANS LES ARTICLES 1 À 15 DU PACTE INTERNATIONAL RELATIF AUX DROITS ÉCONOMIQUES, SOCIAUX ET CULTURELS (E/C.12/FRA/3)

 

 

[15 mars 2008]


 TABLE DES MATIÈRES

 

                                                                                                                                              page

Liste des abréviations

Chapitre                                                                                                       paragraphes          

I. RENSEIGNEMENTS DE CARACTÈRE GÉNÉRAL. 1-3

II. Points relatifs aux dispositions générales du Pacte 

..... (articles 1er à 5) 4-66

Article 2, paragraphe 2 : Non-discrimination.. 4-52

A. Mesures prises en matière de formation et de sensibilisation
des agents de la force publique
. 16-18

B. Législation et la politique de l’État partie à  l’égard
des réfugiés et des requérants d’asile
. 19-26

C. Question des plaintes soumises à la HALDE. 27-43

D. Question de la ratification du Protocole n°12 à
la Convention européenne des droits de l’homme
. 44-52

Article 3 : Égalité entre les hommes et les femmes. 53-66

A. L’accès des femmes à la vie politique. 53-55

B. La place des femmes dans la fonction publique. 56-62

C. La place des femmes dans la diplomatie. 63

D. La place des femmes aux postes de décision dans
l’enseignement supérieur et la recherche
. 64-65

E. La place des femmes dans le secteur privé. 66

III. Points se rapportant à des droits spécifiques
reconnus dans le Pacte (
articles 6 à 15) 67-381

Article 6 : Droit au travail. 67-126

A. Le renforcement de l’insertion professionnelle en entreprise. 71-76

B. L’amélioration de l’adéquation entre formation et emploi 77

C. La poursuite d’actions spécifiques pour les jeunes en difficulté. 78-82

D. L’emploi des seniors. 83-91

E. L’action spécifique dans les zones urbaines sensibles 92-97

F. Lutte contre les discriminations d’ordre sexuel
dans le domaine de l’emploi 
98-126

Article 7 : Droit à des conditions de travail
justes et favorables
. 127-138

A. Application de la loi de mars 2006 relative à l’égalité salariale
entre les hommes et les femmes
127-131

B. Protection des travailleurs contre l’insécurité du marché du travail 132-138

Article 8 : Droits syndicaux 139-144

Article 9 : Droit à la sécurité sociale. 145-165

A. Les neuf minima sociaux et le revenu de solidarité 145-159

B. Niveaux minima des prestations de  sécurité sociale 160-165

Article 10 : Protection de la famille,
 des femmes et des enfants
166-190

A. La connaissance du phénomène s’est améliorée. 170-173

B. Les dispositions juridiques pour la protection des victimes ont
été renforcées
. 174

C. La prise en charge des femmes victimes de  violences s’est renforcée. 175

D. Une meilleure sensibilisation des professionnels concernés. 176-179

E. La lutte contre les stéréotypes sexistes et  la prévention des

.... violences dès l'école s’est poursuivie. 180

TABLE DES MATIÈRES (suite)

 

F. Deux campagnes de communication vers le grand public

.... ont été menées. 181-190

Article 11 : Droit à un niveau de vie suffisant. 191-236

A. Lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale chez les chômeurs, 

.... les « travailleurs pauvres », les familles nombreuses et monoparentales
et les jeunes sans qualification
. 191-197

B. Application de la loi relative à la solidarité et au renouvellement

.... urbains de 2000. 198-220

C. Révision du budget des logements sociaux. 221-222

D. Question du mal-logement 223-230

E. Application de la loi d’orientation et de programmation
pour la ville et la rénovation urbaine
. 231-235

F. Amélioration des conditions de vie des sans-abri  236

Article 12 : Droit à la santé physique et mentale. 237-273

A. Accès universel aux soins de santé de base 237-243

B. Mesures prises en vue de prévenir la propagation du VIH/sida,

.... en particulier parmi les personnes  d’origine étrangère 254

C. Mesures prises en vue de prévenir le suicide, en particulier

.... chez les 15-44 ans, et s’attaquer à ses causes profondes 255-258

D. Mesures prises en vue de prévenir et combattre l’abus de
drogues, en particulier chez les jeunes
259-273

Articles 13 et 14 : Droit à l’éducation.. 274-306

A. Mesures prises en vue de diminuer le taux d’abandon
scolaire dans l’enseignement primaire et secondaire
. 274-287

B. Mesures prises en vue de garantir l’accès à l’éducation dans
les langues régionales et minoritaires dans les
établissements publics français
288-294

C. mesures prises en vue de faciliter l’accès à l’éducation
des enfants tsiganes et du voyage
295-306

Article 15 : Droits culturels. 307-381

A. mesures prises en vue de préserver  les langues régionales
et minoritaires
307-330

B. Convention-cadre du Conseil de l’Europe pour la protection
des minorités nationales et de la Charte européenne
des langues régionales ou minoritaires
. 331-381

 

Liste des tableaux

1.         Taux de chômage (en % de la population active) selon le sexe et la nationalité, en France métropolitaine (moyenne 2003-2005)

2.         Prestations relativement au salaire minimum

3.         Prestations relativement au revenu médian

4.         Nombre d'allocataires des dix minima sociaux de 2002 à 2006

5.         Caractéristiques des allocataires du RMI, de l’AAH, de l’ASS, de l’API et de l’ASV en 2006

6.         Niveaux de vie annuel des bénéficiaires du RMI, de l’API et de l’AAH en 2006

7.         Nombre de bénéficiaires de la CMU complémentaire

8.         Nombre de bénéficiaires de l'aide médicale de l’État

9.         Nombre d’élèves ayant accès à l’enseignement dans une langue régionale ou minoritaire 


 

 

Liste des abréviations

AAH

Allocation pour adulte handicapé

Acsé

Agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances

AME

Aide médicale de l’État

ANPE

Agence nationale pour l’emploi

ANRU

Agence nationale pour la rénovation urbaine

API

Allocation de parent isolé

ASS

Allocation de solidarité spécifique

ASV

Allocation supplémentaire vieillesse

CASNAV

Centres académiques pour la scolarisation des nouveaux arrivants et des enfants du voyage

CCH

Code de la construction et de l’habitation

CCMSA

Caisse centrale de la mutualité sociale agricole

CESU

Chèque emploi service universel

CFDT

Confédération française démocratique du travail

CFE-CGC

Confédération française de l’encadrement - Confédération générale des cadres

CFTC

Confédération française des travailleurs chrétiens

CGPME

Confédération générale du patronat des petites et moyennes entreprises

CGT

Confédération générale du travail

CHRS

Centres d’hébergement et de réinsertion sociale

CII

Comité interministériel à l’intégration

CI-RMA

Contrat d’insertion-Revenu minimum d’activité

CIVIS

Contrat d'insertion dans la vie sociale

CMU

Couverture maladie universelle

CNAF

Caisse nationale d’allocations familiales

CNCDH

Commission nationale consultative des droits de l’homme

CSP

Code de la santé publique

DALO

Droit au logement opposable

DARES

Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques

DOM

Département d’outre-mer

DPM

Direction de la population et des migrations

EPCI

Établissement public de coopération intercommunale

FO

Force ouvrière

HALDE

Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité

IMS

IMS-Entreprendre pour la cité

INSEE

Institut national de la statistique et des études économiques

IST

Infections sexuellement transmissibles

MEDEF

Mouvement des entreprises de France

OFPRA

Office français de protection des réfugiés et des apatrides

OND

Observatoire national de la délinquance

ONG

organisations non gouvernementales

PACTE

Parcours d’accès aux carrières de la fonction publique territoriale, de la fonction publique hospitalière et de la fonction publique de l’État

PDALPD

Plans départementaux d’accès au logement des personnes défavorisées

PRAPS

Programmes régionaux d'accès à la prévention et aux soins des plus démunis

RMI

Revenu minimum d’insertion

RSA

Revenu de solidarité active

SEJE

Soutien à l’emploi des jeunes en entreprise

SIFE

Stages d’insertion et de formation à l’emploi

SMIC

Salaire minimum interprofessionnel de croissance

SPE

Service public de l’emploi

UNEDIC

Union nationale interprofessionnelle pour l'emploi dans l'industrie et le commerce

UPA

Union professionnelle artisanale

ZUS

Zones urbaines sensibles

 

 

 


 

I. RENSEIGNEMENTS DE CARACTÈRE GÉNÉRAL

 

Question 1. Donner des renseignements sur les mesures que l’Etat partie entend prendre pour atteindre d’ici 2012, l’objectif qu’il s’est fixé, à savoir consacrer 0,7% de son PIB à l’aide public au développement. Par ailleurs, vu le paragraphe 32 des observations finales du Comité et en plus des renseignements figurant aux paragraphes 76 et suivants du rapport de l’Etat partie, décrire la façon dont la politique de coopération au développement menée par l’Etat partie contribue à la réalisation des droits économiques, sociaux et culturels dans les pays en développement (E/C.12/FRA/3, par. 43).

 

1.               La Révision générale des Politiques publiques n’étant pas achevée, il n’est pas possible à ce stade de répondre à cette question à ce stade.

 

Question 2. Décrire plus en détail les modalités de consultation de la société civile aux fins de l’établissement du rapport périodique de l’Etat partie, comme le Comité le demandait au paragraphe 33 de ses observations finales (E/C.12/FRA/3, par. 82).

 

2.               S’agissant des modalités de consultation de la société civile aux fins de l’établissement du rapport périodique (E/C.12/FRA/Q/3, par. 2), l’Institution nationale française, la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) est systématiquement consultée sur les projets de rapports que la France prépare pour les Comités conventionnels. Elle est également systématiquement consultée sur les projets de réponses aux questions posées par les Comités. Lorsqu’elle estime que c’est nécessaire, la CNCDH peut également émettre un avis formel, rendu public, sur le projet de rapport. Elle participe également, à l’invitation du Comité, à une séance de questions-réponses, distincte de la séance de consultation organisée par le Comité à l’attention des organisations non gouvernementales (ONG). À l’occasion de la préparation du troisième rapport de la France sur la mise en œuvre du pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, la CNCDH a été consultée sur demande de l’Ambassadeur pour les droits de l’homme et la Direction des affaires juridiques du Ministère des affaires étrangères. La CNCDH comprend parmi ses membres les principales ONG compétentes en matière de droits de l’homme et, à ce titre, elles ont largement participé à la consultation. Dans le cadre de cette consultation, la CNCDH a réuni, le 18 décembre 2006, les sous-commissions « questions internationales », « questions nationales », « droits de l’enfant, de la femme, de la famille » et « droits de l’homme et évolutions de la société » ; leurs membres ont été invités à faire des commentaires en vue notamment d’amender le rapport. Les remarques de la CNCDH ont porté d’abord sur les réponses aux observations et recommandations du Comité relatives au deuxième rapport, puis sur la synthèse relative à « la lutte contre les situations de précarité et d’exclusion en France, en particulier les difficultés spécifiques des jeunes et des sans logis ».

 

Question 3. Le Comité prie l’État partie de fournir des données statistiques annuelles comparatives, ventilées par groupe d’âge, sexe, origine et − éventuellement − zone d’habitation urbaine/rurale, concernant ces cinq dernières années, dans ses réponses aux questions évoquées aux paragraphes 6, 10, 15, 20, 24 et 26 ci‑après. Il prie également l’État partie de fournir les données statistiques demandées expressément aux paragraphes 17, 18 et 27.

 

3.               Comme indiqué en préambule, le temps manquait pour répondre à cette question, en particulier parce que la plupart des outils statistiques ne sont pas adéquats. Par ailleurs, les outils statistiques disponibles ne couvrent pas dans le détail la ventilation des éléments soulevés par le Comité.

 

II. Points relatifs aux dispositions générales du Pacte
 
(articles 1er à 5)

Article 2, paragraphe 2 : Non-discrimination

Question 4.    Expliquer en quoi la loi d’orientation de juillet 1998 relative à la lutte contre l’exclusion a contribué à garantir à tous, en particulier aux personnes et aux groupes défavorisés et marginalisés, l’accès aux droits fondamentaux visés au paragraphe 276 du rapport de l’État partie.

 

4.               La loi du 29 juillet 1998 a permis la mise en place d’un ensemble de mesures relatives à l’accès aux droits fondamentaux et visant à faciliter la vie quotidienne des personnes en difficulté. Ces mesures ont fait l’objet de différents plans d’action, tant au niveau français qu’européen et qui ont pour objectifs de simplifier les dispositifs et les procédures et de proposer des solutions adaptées aux situations individuelles des personnes. Parmi ces mesures, on peut retenir celles qui concernent l’accès à l’information et l’amélioration de la qualité de l’offre de services : engagement d’une démarche qualité de l’accueil avec la rédaction d’un guide méthodologique, création de Pôles d’accueil en réseau pour l’accès des personnes en difficulté sociales. S’est également développée une politique en faveur d’une meilleure prise en compte de la parole des usagers en difficulté. Ces initiatives se situent dans une approche stratégique générale de la France en matière de lutte contre l’exclusion qui vise à affirmer l’accès de tous aux droits de tous, sans créer un droit des exclus, à proposer des réponses globales et individualisées, dans un rapport de proximité propice à un ajustement aux besoins des personnes.

 

Question 5. En plus des informations fournies au paragraphe 191 du rapport de l’Etat partie, indiquer les mesures prises – notamment en matière de formation et de sensibilisation des agents de la force publique – pour lutter contre la discrimination à l’encontre des immigrés des personnes d’origine étrangère et des membres de leur famille dans les domaines de l’emploi, du logement, des soins de santé, de l’éducation, de la culture.

 

5.               La politique d’accueil et d’intégration en France se double d’un renforcement de la lutte contre les discriminations dont peuvent être victimes les personnes étrangères ou d’origine étrangère, en matière d’emploi ou de logement par exemple.

 

6.               La France s’est engagée dans une lutte contre toutes les discriminations, y compris dans l’accès au logement. La loi du 30 décembre 2004 portant création de la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (HALDE) a mis en place une autorité indépendante pour traiter l’ensemble des discriminations directes ou indirectes, réprimées par la loi ou par un engagement international ratifié par la France. Deux missions principales lui sont confiées : le traitement des cas de discrimination et la promotion de l’égalité, dans les secteurs privé et public. Dotée de pouvoirs d’enquêtes et de transmission des dossiers aux juridictions pénales, la HALDE peut accompagner les victimes de discriminations dans l’accès au logement, fondées sur leur origine supposée, leur handicap, ou leur âge.

 

7.               Les médias, en particulier la télévision, puissant constructeur d’images, ont un rôle essentiel à jouer en ce domaine. Dans le droit fil du « Plan d’action positive pour l’intégration » adopté par France Télévisions en janvier 2004, le Groupe France Télévisions met en œuvre sur la période 2005-2007 le projet « Pluriel Média » prévoyant notamment un programme de formation du management, des élus des instances paritaires des secteurs concernés, des journalistes (y compris ceux de la presse écrite ou radiophonique pour accroître leur employabilité dans le secteur considéré) ainsi que la réalisation d'un magazine télévisé en vue de diffuser auprès du grand public les bonnes pratiques en matière de lutte contre les discriminations.

 

8.               Le Comité interministériel à l’intégration (CII) du 24 avril 2006, et le législateur (loi n° 2006-396 du 31 mars 2006 sur l'égalité des chances), ont confirmé l'importance que les pouvoirs publics attachaient au rôle des médias en confiant au Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) la mission d'évaluer chaque année la représentation de la diversité culturelle et des minorités dans l'audiovisuel français. Le Conseil supérieur de l'audiovisuel a remis son rapport au Président de la République le 10 novembre 2006 (accessible sur www.csa.fr).

 

9.               Montrer l’apport, trop souvent méconnu, des immigrés et de l’immigration à l’histoire de notre pays et à la construction de son identité, doit contribuer également à « changer le regard » de nos concitoyens. Tel est l’objectif de la « Cité nationale de l’histoire de l’immigration », située dans les locaux symboliques de l’ancien musée des arts africains et océaniens de la Porte Dorée à Paris. La « Cité nationale de l’histoire de l’immigration » a vocation à être tout à la fois un musée, un pôle de ressources ouvert aux chercheurs et au grand public, un centre de diffusion artistique et une instance de soutien à des projets pédagogiques. Elle favorisera la mise en réseau d’acteurs et de partenaires locaux engagés dans des travaux sur l’histoire et la mémoire de l’immigration.

 

10.            La lutte contre les discriminations à l’emploi et pour la prévention de ces discriminations a conduit les pouvoirs publics (Direction de la population et des migrations, DPM) à poursuivre et à amplifier en 2006 leur action de sensibilisation et de mobilisation du monde économique à la nécessité d’une plus grande diversité dans les recrutements. Pour ce faire, la DPM développe, conjointement avec l'Agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances (l’Acsé), une politique de partenariats diversifiés dans le domaine de la prévention des discriminations pour aider entreprises et acteurs économiques à se doter d'outils de diagnostic, d'action et d'évaluation, ainsi qu'à mettre en place des recherches-actions. Ainsi, en 2006, plusieurs accords importants ont été soit initiés, soit renouvelés, complétant ou prolongeant le travail en cours sur ce sujet. En plus de l'accord cadre pluriannuel avec l’Agence nationale pour l’emploi (ANPE) déjà cité, deux autres partenariats importants ont été conclus, avec l'Assemblée permanente des chambres de métiers  et le groupe Casino (grande distribution).

 

11.            Enfin, le Gouvernement (CII du 24 avril 2006) a entrepris la promotion de la Charte de la diversité en entreprise, notamment par la mise en place d'outils d'appui et de diffusion. Celle-ci est maintenant signée par près de 2 000 entreprises. Un guide de mise en œuvre destiné aux entreprises a été réalisé et publié en septembre 2006 avec l'appui de la DPM. Un prix de la diversité a été décerné pour la première fois le 14 décembre 2006, avec le concours de l'Association nationale des Directeurs et Cadres de la fonction personnel, à la fin du Tour de France de la diversité du ministre délégué à la promotion de l'égalité des chances. Enfin, dans le cadre d'un projet européen EQUAL piloté par lIMS-Entreprendre pour la cité, avec l'appui de la DPM et de l'Acsé, plusieurs entreprises (PSA, Ikea, Adecco, Axa et l'Association nationale des Directeurs et Cadres de la fonction personnel) expérimentent des outils de gestion de la diversité, qui seront mis à la disposition des signataires de la Charte.

 

Tableau 1 : Taux de chômage (en % de la population active)
selon le sexe et la nationalité, en France métropolitaine (moyenne 2003-2005)
a

 

 

Origine

 

 

Hommes

Femmes

 

Ensemble

 

France entière (toutes nationalités)

 

Français de naissance

Français par acquisition

 

Union européenne b

 

Autres étrangers

   dont :

   Algérie

   Maroc

   Tunisie

  Autres pays d’Afrique

  Turquie

   Chine

  Autres pays d’Asie

 

 

8 ,9

 

 

8,2

14,1

 

6,0

 

23,0

 

24,6

24,4

25,5

26,4

21,9

6,9

13,5

 

11,0

 

 

10,1

17,9

 

9,7

 

31,0

 

37,3

33,8

25,4

32,7

42,8

18,6

24,2

 

9,9

 

 

9,1

15,9

 

7,6

 

26,0

 

29,1

27,5

25,7

29,1

27,0

12,0

18,3

Source : enquêtes «emploi en continu 2003-2005, moyenne annuelle, pondérations 2005 (Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques, DARES, Ministère chargé de l’emploi ; concept : activité au sens du Bureau international du travail.

a.            La moyenne des trois dernières années permet d’effacer des variations non signifiantes.

b.            15 membres

 

« Le taux de chômage des étrangers en France est, globalement, deux à trois fois supérieur à la moyenne nationale. Mais une analyse plus fine, par nationalité, fait apparaître de considérables différences entre les ressortissants de l’Union européenne, dont le taux de chômage est inférieur de deux à trois points à la moyenne, et les originaires de certains pays, notamment  des États du Maghreb, de Turquie ou d’Afrique noire, qui constituent la majorité des migrants hors Union européenne arrivant chaque année en France, et dont le taux de chômage est le plus élevé.  En revanche, le taux de chômage des Chinois, et notamment des hommes, est relativement proche, dans l’ensemble, de la moyenne.

 

« Le chômage des femmes, plus élevé dans toutes les nationalités (y compris française), reproduit ces distinctions et tend même à les exacerber : ainsi dans le cas des femmes turques ou chinoises (taux de chômage double ou triple de celui des hommes).

 

« Une différence importante, de l’ordre de six à huit points, apparaît également entre Français, selon le mode d’obtention de leur nationalité, par naissance ou par acquisition.  Les Français par acquisition sont certes nettement plus proches des Français de naissance que des étrangers non européens (surtout pour ce qui concerne les femmes), mais leur situation invite à réfléchir sur les conditions de leur intégration économique.  Elle suggère que le « parcours d’intégration » ne s’achève pas dans tous les cas avec l’obtention de la nationalité française et justifie que les personnes d’origine immigrée puissent être éligibles aux politiques définies par le comité interministériel à l’intégration. Elle invite plus encore à poursuivre et intensifier l’effort entrepris en faveur d’une plus grande diversité dans le recrutement des entreprises et la lutte contre les discriminations. »[1]

 

12.            La France combat toutes les discriminations dans l’accès au logement, poursuivant un objectif de mixité sociale; elle a fait le choix d’une politique globale, qui est nécessaire à la cohésion sociale, et conforme au principe constitutionnel d’indivisibilité du peuple français énoncé à l’article 2 de la Constitution, principe qui reconnaît les mêmes droits à tous les individus, quels que soient leur origine, leur santé, leur âge. L’offre de logement social et les aides personnelles au logement ont progressivement été étendues à l’ensemble de la population qui en a besoin sous conditions de ressources. Cette politique vise à offrir au plus grand nombre l’accès à des logements décents.

 

13.            La politique du logement de la France est donc dotée de moyens considérables afin d’offrir à tous ceux qui en besoin un logement décent, dans un contexte de crise économique et du marché de l’immobilier.

 

14.            La France tente de concilier l’entrée et le séjour sur son territoire et les droits fondamentaux des demandeurs d’asile. En vertu d’un principe de droit international établi et consacré par la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’Homme, les États disposent du «droit de contrôler l’entrée, le séjour et l’éloignement des non-nationaux», qui doit être concilié en France avec le droit constitutionnel d’asile. Ceci explique que les demandeurs d’asile qui ne sont pas en situation régulière ne peuvent pas être éloignés avant que leur demande ne soit examinée dans le respect de leurs droits fondamentaux. Cette règle signifie également que l’accès au marché du travail dépend de la régularité de la situation administrative du demandeur. Par ailleurs, La France a développé des aides pour satisfaire leurs besoins et leurs droits fondamentaux.

 

15.            L’offre de prise en charge en centre d’accueil pour demandeurs d’asile a été sensiblement renforcée au cours de ces dernières années. Les capacités d’accueil actuelles dépassent déjà 19 500 places. Alors qu’en 2003 le nombre de places dépassait à peine les 10 000, l’objectif final de 20 500 places pour fin 2007 sera atteint. Les demandeurs d’asile bénéficient d’une prise en charge sociale à leur arrivée. Concernant les demandeurs déboutés et ayant épuisé les voies de recours, ils bénéficieront des mesures prises pour améliorer et résorber l’hébergement d’urgence décrites à l’instant.

 

16.            Le Gouvernement s’est donc doté des moyens juridiques et institutionnels nécessaires pour offrir une solution de logement aux publics prioritaires, aux gens du voyage, aux demandeurs d’asile et aux sans-abri. Il poursuit ses efforts en leur faveur.

 

A. Mesures prises en matière de formation et
de sensibilisation des agents de la force publique

 

17.            La HALDE et la Police nationale se sont associées pour mettre en place un Guide pratique de lutte contre les discriminations. Il s’agit d’un mode d’emploi diffusé dans tous les commissariats sur l’Intranet pour recevoir et traiter plus efficacement les plaintes déposées pour discrimination. Ce module contient les textes applicables en matière de droit des discriminations, des conseils pratiques et des modèles de procès-verbaux. Cet outil de formation et de sensibilisation à la lutte contre les discriminations a été mis en place dans le cadre de la convention de partenariat signée en décembre 2006 entre la HALDE et la direction générale de la police nationale. Ce guide répond aux demandes des policiers pour faire face aux difficultés rencontrées sur le terrain. Le logiciel sera également utilisé dans le cadre de la formation initiale et continue des policiers.

 

18.            Ce guide pratique vient d’être étendu à la Gendarmerie dans le cadre d’une convention signée avec le Ministère de la défense.

B. Législation et la politique de l’État partie à l’égard des réfugiés et des requérants d’asile

Question 6. Donner des informations détaillées sur la législation et la politique de l’État partie à l’égard des réfugiés et des requérants d’asile, en particulier depuis l’adoption des règlements de 2003-2004 réformant le droit d’asile. Fournir aussi des données statistiques ventilées sur le nombre de réfugiés et de requérants d’asile qui vivent sur le territoire de l’État partie et sur le nombre de demandes de regroupement familial présentées et approuvées depuis la soumission du dernier rapport.

 

19.            En France, toute forme de protection au titre de l'asile est régie par le livre VII du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et le décret du 14 août 2004. Ces textes, dont les dispositions font écho à celles d'instruments internationaux mais répondent aussi à des exigences d'ordre constitutionnel, précisent en particulier qui peut demander l'asile et comment demander l'asile, l'asile à la frontière faisant par ailleurs l'objet de dispositions complémentaires.

 

20.            L'Office français de protection des réfugiés et des apatrides (OFPRA), qui se situe au cœur du dispositif national d'asile, est seul compétent pour instruire les demandes d’asile. Ses décisions sont susceptibles de recours devant la Cour nationale du droit d’asile, juridiction administrative spécialisée.

 

21.            La baisse de la demande d’asile en France, constatée depuis l’année 2004, s’est poursuivie et accélérée en 2006. En 2006, 39 332 demandes ont été enregistrées dont 30 748 premières demandes (y compris mineurs) et 8 584 réexamens. La demande d’asile globale connaît ainsi une baisse très conséquente de 33,6 % par rapport à 2005. En dépit d’un sursaut au mois de septembre (+18 %), la déflation de la demande mesurée en 2005 s’est approfondie en 2006. Cette décroissance s’inscrit dans une tendance générale, en Europe notamment. La France demeure cependant, encore en 2006, le premier destinataire de demandeurs d’asile.

 

22.            On observera, par ailleurs, que la baisse continue de la demande dans la capitale depuis 2001 s’est encore accentuée en 2006 : 3 884 premières demandes enregistrées contre 6 787 en 2005 et 15 374 en 2000. En outre, les dossiers déposés à Paris représentent désormais 14,8 % du total des demandes contre 40 % en 2000, 29 % en 2001 et 16 % en 2005. La poursuite de la baisse de la demande chinoise, essentiellement concentrée à Paris, explique en partie cette évolution.

 

23.            Enfin, il est à noter que le processus de féminisation de la demande n’a pas été affecté par ces évolutions : le nombre de demandeurs de sexe féminin continue à croître, dans des proportions, il est vrai, modestes : les femmes représentent 35,8 % des demandeurs d’asile en 2006, contre 29,6 % en 2001 et 34,6 % en 2005. Cette augmentation est à mettre en rapport avec l’attention croissante accordée par l’OFPRA aux problématiques relevant de la protection subsidiaire (excision, violences conjugales, prostitution, etc.).

 

24.            La diminution de la demande d’asile s’est traduite, en 2006, par la déflation de la quasi totalité des flux nationaux qui la composent : Haïti, ‑63,5 % ; Chine, ‑53,5 % ; Algérie, ‑43,8 %; Turquie, ‑28,8 %, etc. Cette évolution, à laquelle échappent le Sri Lanka (+ 5,2 %) et l’Arménie (+ 0,7 %), renvoie à des facteurs multiples. Certains peuvent être qualifiés d’aléatoires ou de ponctuels : une certaine désorganisation des filières d’immigration au lendemain de l’adoption de la réforme de 2003, le non report de la demande d’asile territorial (essentiellement algérienne) sur la procédure au guichet unique qu’est devenu l’OFPRA. D’autres facteurs apparaissent plus structurels : réduction des délais d’instruction, adoption de la liste nationale des pays d’origine sûrs, mise en œuvre du fichier dactyloscopique Eurodac, lutte accrue contre l’immigration clandestine (démantèlement des filières, lutte contre la fraude à l’identité, développement des procédures d’éloignement à l’égard des déboutés, extension des capacités de rétention administrative, etc.). La diminution de la demande d’asile en France s’inscrit, par ailleurs, dans le cadre d’une évolution plus globale puisque le nombre de demandes d’asile diminue dans la majorité des pays industrialisés et en particulier en Europe.

 

25.            Les bénéficiaires de l’asile conventionnel, de la protection subsidiaire ou les apatrides peuvent solliciter l’entrée de leur famille sur le territoire français en dehors de la procédure de regroupement familial de droit commun. Leur demande doit être adressée à la direction des Français à l’étranger et des étrangers en France du Ministère des affaires étrangères. Saisi par le Ministère des affaires étrangères, l’OFPRA procède, dans un délai compris entre trois et cinq semaines, à la vérification de la composition familiale du réfugié. Cette opération prend en compte plusieurs éléments d’information : les déclarations sur l’honneur de l’intéressé, le compte rendu d’entretien et la fiche familiale de référence. Au terme des vérifications d’usage, l’acte civil reconstitué du réfugié est transmis au ministère. Si l’OFPRA dispose des documents d’état civil concernant les membres de la famille restés dans le pays d’origine, il peut les communiquer au Ministère des affaires étrangères, sans toutefois être en mesure de les certifier. L’authentification de ces documents, dont la présentation est requise pour la délivrance du visa, relève de la compétence des autorités consulaires.

 

26.            Pour d’autre renseignement, le Comité voudra bien se reporter au rapport de l’OFPRA, consultable en ligne (www.ofpra.gouv.fr).

C. Question des plaintes soumises à la HALDE

 

Question 7. Compléter les renseignements donnés aux paragraphes 225 et 331 du rapport de l’État partie en ce qui concerne le mandat et les fonctions de la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité. La Haute Autorité a‑t‑elle eu à traiter de plaintes soumises par des personnes se disant victimes de discrimination? Dans l’affirmative, indiquer le nombre et l’issue des affaires portées à son attention.

 

27.            En complément des renseignements donnés aux paragraphes 225 et 331 du rapport de l’État partie, il convient de préciser que la HALDE a été créée par la loi du 30 décembre 2004 et par le décret du 4 mars 2005, transposant une directive européenne. La loi du 31 mars 2006 élargit les pouvoirs de la HALDE, notamment en lui permettant d’engager des transactions pénales. Elle a également donné valeur légale aux  tests de discrimination.

28.            La création de la HALDE répond aux exigences de l’Union européenne de mettre en place des organismes indépendants chargés de lutter contre les discriminations et de promouvoir l’égalité de traitement dans chaque état membre (directives 2000/43/CE du 29 juin 2000 et 2002/73/CE du 23 septembre 2002).

 

29.            La HALDE, grâce à ses pouvoirs et compétences assure une aide aux victimes de discriminations : 

 

a)     Elle étudie les réclamations individuelles dont elle est saisie ainsi que les situations dont elle se saisit d’office.

 

b)    Elle recueille toute information sur les faits portés à sa connaissance.

 

c)     Elle peut demander des explications à toute personne physique ou à toute personne morale de droit privé mise en cause devant elle. Elle peut aussi demander communication d'informations et de documents quel qu'en soit le support et entendre toute personne dont le concours lui paraît utile.

 

d)    Elle peut, l’égard des personnes publiques ou des organismes chargés d’une mission de service public, entendre tout agent mis en cause et obtenir, sur demande motivée, toutes les informations et pièces qu’elle estime utile.

 

e)     Elle peut charger un ou plusieurs de ses membres ou de ses agents de procéder à des vérifications sur place et y entendre toute personne dont elle juge l’audition utile. Pour l’exercice de ces pouvoirs, les agents de la HALDE sont habilités par le procureur général près la cour d’appel de leur domicile. En cas d’opposition du responsable des lieux, le président de la HALDE peut saisir le juge des référés d’une demande motivée afin qu’il autorise les vérifications sur place.

 

f)     Elle peut constater par procès-verbaux des discriminations par l’intermédiaire de ses agents assermentés et spécialement habilités par le procureur de la République. Les délits peuvent être notamment constatés par ses agents à l’occasion des tests de discrimination prévus par l’article 225-3-1 du Code pénal.

 

g)    Elle assiste la victime de discrimination dans la constitution de son dossier et l’aide à identifier les procédures adaptées à son cas.

 

h)    Elle peut procéder ou faire procéder à une médiation.

 

i)      Elle peut proposer à l’auteur des faits une transaction consistant dans le versement d’une amende transactionnelle et/ou dans l’indemnisation de la victime, si ces faits n’ont pas déjà donné lieu à la mise en mouvement de l’action publique. Si une enquête pénale est en cours, elle doit recueillir l’accord préalable du procureur de la République. La transaction proposée par la HALDE et acceptée par la victime doit être homologuée par le procureur de la République territorialement compétent.

 

j)      Elle peut mettre en mouvement l’action publique par voie de citation directe en cas de refus de la proposition de transaction ou d’inexécution d’une transaction acceptée et homologuée par le procureur de la République.

 

k)    Elle doit informer le Procureur de la République lorsque des faits portés à sa connaissance sont constitutifs d’un crime ou d’un délit. S’agissant des faits de discrimination, leur révélation à ce magistrat pourra intervenir à l’occasion de la mise en œuvre de la procédure de transaction.

 

l)      Elle peut présenter des observations devant les juridictions civiles, pénales ou administratives, lorsqu’elles sont saisies de faits relatifs à des discriminations, d’office ou à la demande de des parties. Lorsque la HALDE demande à être entendue, cette audition est de droit.

 

1. Le cadre pour agir et rendre compte de la HALDE

30.            On constate depuis 2004 une mobilisation de la sphère économique sur les thèmes de la lutte contre les discriminations et de l'égalité des chances. La charte de la diversité en octobre 2004 a marqué le début de cette prise de conscience des entreprises sur la nécessité d'agir dans un contexte social marqué par le retournement démographique prévisible et un environnement international et concurrentiel qui les contraignent à être plus performantes.

 

31.            La création de la HALDE accentue ce mouvement. La HALDE apporte une expertise et des méthodes nouvelles dont la caractéristique principale est de passer de l'engagement non contraignant (la charte) à l'évaluation permanente des progrès réalisés (le cadre pour agir et rendre compte).. La HALDE s’est appuyée pour cela sur la connaissance particulière des processus discriminatoires que lui donne le traitement des réclamations et sur sa capacité à réunir les professionnels dans des groupes de travail pluridisciplinaires. Cette méthode de travail a été étendue aux intermédiaires de l'emploi et au secteur public en l'adaptant aux spécificités de ces secteurs.

 

32.            En 2005, 150 grandes entreprises françaises ont été interrogées sur leurs engagements pour l’égalité des chances. Les réponses ont permis de dresser un premier état des lieux qui a fait apparaître des bonnes pratiques mais aussi des lacunes à combler. Il est apparu nécessaire d'inscrire l’échange d'informations ouvert par la lettre aux entreprises dans le temps, de le formaliser dans un cadre pour assurer l'homogénéité des informations, et d'associer le secteur d'activité concerné à l'élaboration du cadre pour agir et pour rendre compte.

 

33.            La vérification des processus des ressources humaines, à l'image de ce qui se fait pour les démarches qualité, est la seule garantie de la mise en œuvre de la volonté affichée au sommet. Le cadre pour agir et rendre compte s'est affirmé comme un outil-méthode efficace, puisqu'il a suscité des demandes d'information en direction de la HALDE mais aussi d'échanges d'expériences entre entreprises participantes. Il en est ainsi pour la diversification des sources de recrutement, les actions de sensibilisation sur le handicap, la prise en compte de la gestion de la diversité dans l'évaluation des managers, la création de procédures d'alerte sur les cas de discrimination et de harcèlement.

 

34.            En 2006, la collecte et le recoupement des informations avaient fait apparaître des lacunes importantes dans l'application du principe d'égalité en matière de déroulement de carrière. Constitué de directeurs des ressources humaines de grandes entreprises, le groupe de travail créé spécifiquement sur cette question, a permis dialoguer sur les expériences menées, d'identifier les initiatives les plus intéressantes, afin d'établir des préconisations. Elles ont fait l'objet d’un second guide « Des pratiques pour l’égalité des chances. Que répondent les grandes entreprises à la HALDE ?» diffusé en octobre 2007.

 

35.            Le cadre de référence a été adressé en septembre 2007 à 253 grandes entreprises, 192 y ont répondu. L’analyse des réponses permet de dresser un premier panorama des principales avancées (voir rapport 2007 de la HALDE à paraître en mai)

 

2. Le test de discrimination

36.            Depuis le vote de la loi sur l’égalité des chances en 2006, le test de discrimination peut servir de preuve devant le juge pénal. Il s’agit d’un mode d’enquête destiné à établir l’existence d’une pratique discriminatoire. Il est particulièrement adapté pour identifier les situations de discrimination directe. Le test est réalisé sans que la personne testée en soit informée. Mais une fois le test réalisé, les résultats en sont communiqués à la personne mise en cause qui sera à même de présenter ses observations avant que le Collège délibère sur une publication ou action correctrice à entreprendre. La HALDE a réalisé plusieurs tests de discriminations dans le domaine de l’emploi et du logement.

 

3. Indicateurs concernant les plaintes et leur traitement en 2007